Un échange franco-allemand artistique au cœur de l’Histoire
Un échange franco-allemand artistique au cœur de l’Histoire
Cette année, l’échange entre notre lycée et la Justus-Liebig-Schule de Darmstadt s’inscrit dans une thématique forte : l’art et les artistes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Du 6 au 12 mars, nous avons eu le plaisir d’accueillir nos correspondants allemands pour une semaine dense, mêlant découvertes historiques, pratiques artistiques et rencontres humaines.
Samedi 7 mars : entrer dans l’Histoire
Malgré une météo grise et pluvieuse, la journée a donné le ton.
Au Mémorial de Caen, les élèves ont posé les bases chronologiques et historiques de leur travail. Puis, direction les plages du Débarquement, où un déjeuner face à Omaha Beach — entre vent et pluie — a laissé des souvenirs marquants.
Moment fort : les élèves, déjà mêlés en groupes franco-allemands, ont réalisé des tableaux vivants autour de la guerre et de la paix. Une première façon de créer du lien… par l’art.
Dimanche 8 mars : art, mémoire et convivialité
Cap sur trois journées au rythme intense.
Au musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne, les élèves découvrent une autre facette de la guerre : celle de l’expression artistique — dessins, poèmes, bandes dessinées — comme formes de résistance.
La soirée à l’hôtel de Gentilly permet de relâcher la pression : ping-pong, baby-foot, échanges… les barrières linguistiques tombent peu à peu.
Lundi 9 mars : comprendre par l’art
Au Mémorial de la Shoah, les élèves participent à deux ateliers complémentaires :
• Un atelier autour de la bande dessinée et des génocides (Arméniens, Juifs, Tutsis) pour les élèves français
• Un atelier en allemand consacré à deux artistes : Charlotte Salomon et Ceija Stojka.
À travers ces parcours, les élèves découvrent comment l’art devient témoignage, mémoire et résistance.
L’après-midi, un temps libre dans Paris offre une respiration bienvenue — et souvent une première rencontre avec la capitale pour les élèves allemands.
Mardi 10 mars : enquêter, comprendre, incarner
Le travail franco-allemand prend pleinement forme.
Par groupes mixtes, les élèves travaillent sur des artistes européens (français, allemands, tchèques…). Leur objectif : reconstituer des trajectoires de vie et comprendre comment ces femmes et ces hommes ont créé
— ou survécu — dans un contexte de guerre.
L’après-midi, visite du camp de Compiègne-Royallieu, lieu d’internement et de transit. Les élèves y découvrent notamment le parcours d’artistes comme Jacques Gotko confrontés à des conditions de vie extrêmement dures.
Mercredi 11 mars : créer à leur tour
Place à la production.
À partir de leurs recherches, les élèves disposent de trois heures pour réaliser une à deux planches de bande dessinée en retraçant le destin d’un artiste pendant la guerre.
Le défi est relevé avec enthousiasme : ces productions seront présentées au concours Bulles de mémoire de l’ONACVG, dont le thème porte cette année sur l’art en temps de guerre.
Et maintenant ?
La seconde partie de l’échange se déroulera du 14 au 22 mai 2026 en Allemagne et en Europe centrale.
Les élèves partiront à la découverte de plusieurs lieux majeurs :
• Darmstadt, ville partenaire,
• Nuremberg, haut lieu de mise en scène du pouvoir nazi, notamment à travers son architecture monumentale,
• Prague, riche de son histoire culturelle et artistique,
• et le ghetto de Terezín, où furent internés de nombreux artistes.
À Terezín, des figures de peintres, musiciens ont continué à créer malgré les conditions extrêmes, faisant de ce lieu un symbole bouleversant de la résistance par l’art.
Un projet entre mémoire, création et engagement. Cet échange illustre pleinement la richesse du dialogue franco-allemand :comprendre le passé, croiser les regards, et créer ensemble.
Emilie Peckre et Nathalie Laveille, enseignantes d’histoire- géographie.




